Des budgets plus serrés et la réorientation des acheminements gaziers mettent à l’épreuve le cycle d’investissement en amont en Afrique
Le secteur en amont africain devrait attirer 41 milliards de dollars de dépenses d’investissement cette année, les dépenses offshore à elles seules devant atteindre 19 milliards de dollars. Ces chiffres reflètent une économie énergétique en pleine croissance, mais le contexte d’investissement qui les génère évolue rapidement. La hausse des coûts, le durcissement des régimes fiscaux et les perturbations de l’approvisionnement obligent tant les opérateurs que les gouvernements à repenser l’allocation des capitaux.
Ces pressions seront abordées directement lors de l’African Energy Week (AEW) 2026, dans le cadre d’une table ronde intitulée « Pétrole et gaz dans l’économie mondiale : fiscalité, budgets et dépenses d’investissement », organisée au sein du Forum sur le financement de l’énergie. Cette table ronde réunira des responsables de haut niveau issus de l’ensemble de la chaîne d’investissement afin d’évaluer ce qui attire les capitaux d’exploration vers le continent, comment les opérateurs justifient leurs budgets aux niveaux de coûts actuels, et ce que la discipline en matière de capitaux signifie pour la sécurité énergétique mondiale à long terme.
« Les tarifs des plateformes de forage sont élevés, les délais sont serrés et les acheteurs mondiaux ont besoin de gaz dès maintenant. Les opérateurs et les gouvernements capables de travailler dans le cadre de ces contraintes sont ceux qui concluront des accords », a déclaré NJ Ayuk, président exécutif de l’African Energy Chamber.
Eleanor Adaralegbe, directrice financière de la société indépendante nigériane Seplat Energy, apportera le point de vue du plus grand producteur local d’Afrique. Seplat a plus que doublé sa production pour atteindre environ 131 500 barils équivalent pétrole par jour en 2025, à la suite de son acquisition de la filiale nigériane d’ExxonMobil. La société met actuellement en œuvre un programme d’investissements pouvant atteindre 440 millions de dollars cette année, dans le cadre d’une campagne de forage portant sur 17 puits. La manière dont Seplat répartit ces investissements entre son portefeuille terrestre et offshore élargi offre un aperçu direct des compromis budgétaires auxquels sont confrontés les opérateurs indépendants à travers le continent.
Dave Campbell, vice-président senior pour la Mauritanie et le Sénégal chez bp, incarne le point de vue des opérateurs dans le cadre de la mise en œuvre de projets de GNL de grande envergure dans des régions pionnières. La phase 1 du projet Greater Tortue Ahmeyim (GTA) de bp a atteint sa capacité nominale d’environ 2,7 millions de tonnes par an fin 2025, et son partenaire minoritaire, Kosmos Energy, prévoit de doubler ses exportations de GNL cette année. Alors que le projet GTA fonctionne à pleine capacité et que la planification de la phase 2 est en cours de discussion, M. Campbell est bien placé pour expliquer comment les projets de GNL de plusieurs milliards de dollars gèrent les coûts et les délais sur un marché où la demande mondiale de gaz africain s’est intensifiée.
Quentin Savinaud, responsable mondial du secteur de l’énergie chez Standard Chartered, présentera le point de vue de l’établissement bancaire. Le financement de projets dans le secteur amont africain fait l’objet d’une réévaluation, alors que les banques occidentales doivent concilier des exigences ESG plus strictes et une demande croissante d’investissements dans les hydrocarbures. La présence de Standard Chartered tant en Afrique qu’en Asie apporte une diversité géographique, et M. Savinaud devrait aborder la manière dont les structures de capital s’adaptent au contexte actuel sur ces deux marchés.