La stratégie indestructible de l'approvisionnement de base : pourquoi le charbon revient au cœur des préoccupations en matière de sécurité énergétique
L'escalade des attaques à travers le Moyen-Orient, due à la guerre du Golfe en cours, a révélé la vulnérabilité des infrastructures de gaz naturel et la volatilité qui en découle pour la sécurité énergétique mondiale. Une attaque contre l'installation de GNL du Qatar en mars 2026 a privé le pays de 17 % de sa capacité d'exportation de GNL, deux trains de GNL et une usine de liquéfaction du gaz ayant été endommagés. Ces attaques ont mis hors service 12,8 millions de tonnes de GNL pour les trois à cinq prochaines années, entraînant des risques d'approvisionnement importants pour les marchés fortement dépendants des importations en Asie et en Europe.
Si le conflit récent met en évidence la vulnérabilité du commerce mondial du gaz – 20 % de l'approvisionnement mondial transitant par le détroit d'Ormuz dans le Golfe –, il a également révélé la fragilité des infrastructures gazières. Concentrés et exposés à des frappes de précision, les projets gaziers deviennent particulièrement vulnérables en période de conflit. Cela renforce non seulement l'argument en faveur de la diversification des chaînes d'approvisionnement, mais ouvre également un débat plus large sur la résilience énergétique et la décentralisation des actifs. C'est là que le charbon aura un rôle à jouer.
La crise du Golfe remet le charbon sur le devant de la scène
Les attaques contre les installations pétrolières et gazières du Golfe ont mis en évidence une réalité difficile pour les planificateurs énergétiques : les systèmes gaziers sont efficaces, flexibles et évolutifs, mais ils comportent également de nombreux nœuds. Les trains de GNL, les terminaux d’exportation, les usines de traitement et les goulets d’étranglement maritimes créent des goulots d’étranglement visibles. Le charbon fonctionne différemment. Il est extrait dans de nombreux bassins, transporté par rail et par route, et surtout, stocké sur place. Cela le rend moins vulnérable en période de conflit.
Les centrales à charbon fournissent également une puissance de base stable et continue, ce qui est essentiel pour maintenir la stabilité du réseau, soutenir l’industrie lourde et garantir que les infrastructures essentielles continuent de fonctionner pendant les périodes d’instabilité géopolitique ou de chocs d’approvisionnement en combustible. Dans ce contexte, la valeur du charbon ne réside pas seulement dans son rôle de source de combustible, mais aussi dans sa fonction d’actif de résilience au sein d’un système énergétique plus large et diversifié.
La ceinture charbonnière africaine reste importante
De nombreux pays africains continuent de compter sur le charbon comme matière première vitale pour la charge de base. L'Agence internationale de l'énergie prévoit que la consommation de charbon en Afrique du Sud restera stable à 164 millions de tonnes entre 2025 et 2030, les prolongations de durée de vie des projets et la remise en service d'anciennes unités telles que Kusile et Medupi stimulant l'utilisation du charbon. Abritant entre 11 et 53 milliards de tonnes de réserves de charbon, le pays s'efforce de mettre en œuvre des technologies du charbon propre d'ici 2030 afin de réduire les émissions tout en maintenant ses activités.
Le Maroc, deuxième plus grand consommateur de charbon d'Afrique, cherche également à maintenir ses approvisionnements, la demande de charbon devant se stabiliser autour de 10 millions de tonnes entre 2025 et 2030. La demande de charbon au Zimbabwe augmentera légèrement de plus de 2 millions de tonnes d'ici 2030, soutenue par des projets à venir tels que les projets Prestige (1,2 GW) et Titan New Energy (0,7 GW). Un projet de centrale à charbon de 300 MW est actuellement en construction en Zambie, tandis que l'extension de Morupule B au Botswana prend de l'ampleur. Ces projets offrent à l'Afrique ce dont de nombreux marchés dépendants des importations ne disposent pas : un combustible national, stockable, qui peut être mobilisé à proximité de la demande industrielle.
« L’Afrique ne doit pas s’excuser pour ses ressources en charbon. Le charbon, aux côtés du gaz, reste l’une des rares sources d’énergie capables de fournir une puissance de base stable à grande échelle, en utilisant les ressources dont nous disposons sur place. Pour de nombreux pays africains, le charbon continuera à jouer ce rôle alors que nous construisons les réseaux électriques qui soutiennent l’industrialisation, les centres de données et la croissance économique », déclare NJ Ayuk, président exécutif de la Chambre africaine de l'énergie.
Un pare-feu pour les prochains pôles de croissance de l’Afrique
Les ressources charbonnières de l’Afrique constitueront non seulement une solution vitale pour la production d’électricité à moyen terme, mais elles sont également appelées à alimenter la prochaine phase de croissance du continent. Alors que la demande mondiale en électricité des centres de données devrait atteindre 249 GW d’ici 2030, l’Afrique dispose d’une opportunité unique d’utiliser ses abondantes réserves de charbon pour alimenter sa transformation numérique. Les centres de données prennent déjà de l’ampleur en Afrique du Sud, au Kenya, en Égypte et au Nigeria, nécessitant de grands volumes d’électricité fiable et ininterrompue. Le charbon pourrait servir de pare-feu physique : stockable, local et disponible lorsque les chaînes d’approvisionnement se rompent sur les marchés mondiaux.
Ces discussions occuperont une place prépondérante lors de la prochaine conférence et exposition African Energy Week (AEW), qui se tiendra du 12 au 16 octobre. En tant que principal événement énergétique du continent, l’AEW 2026 offre une plateforme où les décideurs politiques, les services publics, les investisseurs et les développeurs peuvent dépasser les idéologies et se concentrer sur la conception des systèmes : comment construire des réseaux électriques qui restent opérationnels, des industries qui continuent de fonctionner et des économies qui restent productives, même lorsque les marchés énergétiques mondiaux sont sous pression.