Le Gabon ouvre un nouveau chapitre dans le secteur offshore alors que l’AEW 2026 s’apprête à explorer les opportunités d’investissement en eaux profondes
Alors que le Gabon mène l’une des campagnes d’investissement offshore les plus ambitieuses d’Afrique, l’African Energy Week (AEW) 2026 – qui se tiendra au Cap du 12 au 16 octobre – organisera une table ronde consacrée à ce pays afin d’examiner la renaissance de son secteur offshore. La table ronde intitulée « Investir au Gabon : la relance et l’expansion de la production pétrolière offshore » examinera comment la réforme réglementaire, l’amélioration des conditions fiscales et le regain d’investissements internationaux repositionnent le pays comme une destination de premier plan pour l’exploration en eaux profondes.
La dynamique au Gabon s’est accélérée tout au long de l’année 2026, le pays ayant lancé une campagne d’octroi de licences offshore couvrant environ 70 % de son bassin offshore disponible. Le Gabon a également accéléré les négociations visant à convertir les protocoles d’accord signés avec ExxonMobil et bp en contrats de partage de production (CPP) dans un délai de trois à six mois. Ces accords ciblent des zones frontalières en eaux profondes et ultra-profondes qui n’ont fait l’objet que d’une exploration historique limitée.
Ces projets reflètent une transformation plus large en cours dans l’ensemble du secteur en amont gabonais. Environ 72 % du bassin sédimentaire en eaux profondes et ultra-profondes du pays reste inexploré, ce qui offre d’importantes opportunités de nouvelles découvertes. Les blocs offshore, notamment les blocs BC-9 et BCD-10, contiendraient, selon les estimations, des ressources récupérables d’environ 1,4 milliard de barils, ce qui souligne l’ampleur du potentiel d’exploration restant.
Cette opportunité est soutenue par l’un des cadres d’investissement en amont les plus compétitifs d’Afrique. Le Gabon est en train de restructurer son Code des hydrocarbures de 2019 en deux codes distincts, l’un pour le pétrole et l’autre pour le gaz, ce qui permettra aux conditions fiscales et réglementaires de mieux refléter la rentabilité de la production pétrolière mature, de l’exploration des zones pionnières et de la commercialisation du gaz. Ces réformes visent à offrir une plus grande sécurité aux investisseurs tout en accélérant les procédures d’approbation des projets.
Parallèlement, le renforcement des incitations fiscales s’est traduit par la suppression des primes à la signature pour les blocs en eaux profondes et ultra-profondes, l’augmentation des plafonds de recouvrement des coûts pétroliers à 70 %–75 %, tandis que les projets gaziers peuvent récupérer entre 80 % et 90 % des coûts éligibles. Les contrats de partage de production (CPP) éligibles bénéficient d’exonérations de l’impôt sur les sociétés, d’allègements sur les plus-values et d’une réduction de la participation obligatoire de l’État par l’intermédiaire de la Gabon Oil Company, ce qui ramène la participation de l’État de 20 % à 10 %.
Avec des réserves de gaz estimées à 28 000 milliards de pieds cubes, la commercialisation du gaz s’impose comme un moteur de croissance parallèle. Perenco mène le développement du projet FLNG de Cap Lopez, d’une valeur de 2 milliards de dollars, visant à valoriser le gaz offshore tout en réduisant le torchage. Parallèlement, le gouvernement soutient l’industrialisation nationale grâce à un gazoduc de 120 à 150 km reliant Gamba à Libreville, dans le cadre de son objectif de transformation des ressources primaires sur le territoire national d’ici 2029.
La session consacrée au Gabon lors de l’AEW 2026 examinera également l’environnement opérationnel du pays. À la suite de la transition politique qu’a connue le pays, le gouvernement a donné la priorité à la continuité des politiques et aux investissements en amont, tandis que le secteur continue de présenter des risques relativement faibles d’instabilité contractuelle ou de nationalisme des ressources.
« Le Gabon démontre comment une réforme réglementaire ciblée et des conditions fiscales compétitives peuvent relancer l’exploration dans des provinces pétrolières matures. Fort d’un potentiel en eaux profondes de classe mondiale, du retour de grandes entreprises internationales et d’importantes opportunités d’octroi de licences, le pays entre dans une nouvelle phase de croissance en amont qui créera des opportunités substantielles tout au long de la chaîne de valeur énergétique », déclare NJ Ayuk, président exécutif de l’African Energy Chamber.
La table ronde intitulée « Investir au Gabon : la relance et l’expansion de la production pétrolière offshore » renforce le rôle de l’AEW 2026 en tant que plateforme de référence pour les investissements en amont à travers l’Afrique. Cet événement met en relation les gouvernements, les opérateurs internationaux, les investisseurs et les entreprises de services afin d’accélérer le développement de la prochaine génération d’installations pétrolières et gazières offshore.