15 Jul 2026

Les lacunes du réseau électrique au cœur des débats : les dirigeants des services publics d’Afrique australe se réunissent à l’occasion de la conférence « Power Africa Today » dans le cadre de l’African Energy Week (AEW)

Les lacunes du réseau électrique au cœur des débats : les dirigeants des services publics d’Afrique australe se réunissent à l’occasion de la conférence « Power Africa Today » dans le cadre de l’African Energy Week (AEW)

Des cadres supérieurs de certains des principaux services publics d’électricité et opérateurs de réseaux d’Afrique australe ont confirmé leur intervention lors de la conférence «Power Africa Today», qui se tiendra dans le cadre de l’African Energy Week (AEW) 2026 au Cap, du 12 au 16 octobre. Leur participation témoigne de l’importance croissante accordée aux infrastructures de transport d’électricité, à la modernisation des réseaux et à l’intégration régionale des marchés de l’électricité, alors que le continent s’efforce d’adapter les réseaux aux besoins de production croissants.

La société sud-africaine Eskom a stabilisé son parc de production après des années de délestages, enregistrant plus de 340 jours consécutifs sans coupures de courant et un taux de disponibilité énergétique de 98,9 % au cours de l’exercice 2025-2026. Le directeur général du groupe, Dan Marokane, prendra la parole lors de « Power Africa Today » alors que l’entreprise poursuit une dissociation imposée par le gouvernement, qui consistera à transférer ses actifs de transport à un gestionnaire de réseau indépendant.

Aux côtés de M. Marokane, Velaphi Ntuli, directeur nucléaire d’Eskom à la centrale nucléaire de Koeberg, sera également présent. Koeberg, la seule centrale nucléaire en service en Afrique, a obtenu en 2024 et 2025 des prolongations de licence de 20 ans pour ses deux réacteurs, garantissant ainsi une capacité de base de 1 860 MW jusqu’en 2045. Le Plan intégré des ressources (2025) révisé prévoyant 5 200 MW de nouvelle capacité nucléaire, la présence de M. Ntuli permet d’intégrer le rôle de la charge de base nucléaire dans le débat plus large sur le réseau électrique lors de la conférence « Power Africa Today ».

En Ouganda, la capacité de production installée a plus que doublé, passant de 850 MW en 2014 à plus de 2 050 MW, mais le réseau de transport n’a pas suivi le rythme. L’Uganda Electricity Transmission Company (UETCL) relève ce défi grâce au projet de transport d’électricité Amari, un partenariat de 50 millions de dollars avec la société britannique Gridworks, qui est devenu le premier projet de transport indépendant en Afrique à entrer en phase de construction début 2026. L’UETCL fait également avancer le projet d’interconnexion Ouganda-Tanzanie, long de 298 km, dont la construction devrait débuter en 2026-2027. Son PDG, Richard Matsiko, prendra la parole lors de la conférence.

Par ailleurs, la société zambienne ZESCO a mis en place une réglementation d’accès ouvert au réseau permettant aux producteurs privés d’acheminer de l’électricité via son réseau, et a adopté un cadre tarifaire pluriannuel afin d’offrir aux investisseurs des rendements prévisibles. La société d’électricité vise une capacité solaire de 1 000 MW d’ici fin 2026 pour pallier les déficits de production hydroélectrique et a signé en mai 2026 un protocole d’accord avec Stanbic Bank et GreenCo Power Services afin de développer conjointement un portefeuille de projets d’énergies renouvelables destinés aux clients commerciaux et industriels. Le directeur général, Justin Loongo, se joindra aux intervenants de Power Africa Today pour discuter de ces projets.

Au niveau régional, Stephen Dihwa, directeur exécutif du Centre de coordination du Southern African Power Pool (SAPP), participe à la conférence à un moment où l’intégration régionale s’intensifie. Le SAPP coordonne la planification, l’exploitation et les échanges d’électricité dans les 12 États membres de la SADC, dont neuf sont désormais physiquement interconnectés. En février 2026, le SAPP et l’East Africa Power Pool ont signé un accord visant à harmoniser les règles d’échanges transfrontaliers, tandis qu’un programme d’assistance technique soutenu par la Banque mondiale accompagne l’expansion du marché régional de l’électricité.

« Les services publics d’électricité sont au cœur de l’avenir industriel de l’Afrique », déclare NJ Ayuk, président exécutif de l’African Energy Chamber. « Si nous voulons véritablement faire de la pauvreté énergétique un souvenir du passé, nous avons besoin d’une collaboration plus étroite entre les services publics, les gouvernements, les investisseurs et les fournisseurs de technologies. C’est lors de Power Africa Today que cette collaboration prend forme. »

Power Africa Today rassemble des décideurs politiques, des services publics, des investisseurs et des développeurs afin d’aborder les défis réglementaires, financiers et infrastructurels liés à la mise en place de marchés de l’électricité interconnectés à travers le continent. La conférence se tient dans le cadre de l’AEW 2026 au Cap, du 12 au 16 octobre.

 

 

 

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