03 Aug 2026

Les réservoirs hydroélectriques africains s’imposent comme la prochaine frontière pour le solaire flottant à grande échelle

Les réservoirs hydroélectriques africains s’imposent comme la prochaine frontière pour le solaire flottant à grande échelle

Alors que les pays africains cherchent à étendre l’accès à l’électricité, à renforcer la fiabilité du réseau et à accélérer le déploiement des énergies renouvelables, une nouvelle opportunité se dessine autour de l’un des actifs énergétiques les plus bien établis du continent : les réservoirs hydroélectriques. La technologie solaire photovoltaïque flottante dépasse désormais le stade des démonstrations isolées, avec des projets à travers l’Afrique explorant comment les barrages existants peuvent devenir des plateformes pour une production solaire à grande échelle.

Cette opportunité sera examinée lors de la session « Power Africa Today » de l’African Energy Week (AEW) 2026, au cours de laquelle des leaders du secteur évalueront si la combinaison de l’énergie solaire et de l’hydroélectricité peut déboucher sur un modèle d’investissement évolutif pour l’avenir énergétique de l’Afrique.

Contrairement aux projets solaires autonomes, les projets solaires flottants implantés sur des réservoirs peuvent tirer parti des infrastructures déjà en place, notamment les liaisons de transport, les sous-stations et l’accès au réseau. En utilisant les plans d’eau existants, cette technologie réduit également les besoins en terrains tout en permettant aux installations hydroélectriques de compléter la production solaire en compensant la variabilité de cette dernière et en fournissant une énergie réglable lorsque l’ensoleillement diminue.

Plusieurs marchés africains testent actuellement le potentiel de ce modèle. Au Zimbabwe, le barrage de Kariba s’impose comme l’un des plus grands projets de centrales solaires flottantes envisagés sur le continent. Un projet solaire flottant de 500 MW prévu sur le lac Kariba, dont la première phase s’élèvera à 250 MW, est porté par l’Intensive Energy User Group, un consortium de grands consommateurs industriels d’électricité, dans le cadre de discussions de financement impliquant la Banque africaine d’import-export. Le projet pourrait à terme atteindre 1 GW grâce à un développement par phases, créant ainsi un modèle de production hybride qui renforce la sécurité énergétique du Zimbabwe tout en réduisant la dépendance à l’hydroélectricité pendant les périodes de faible disponibilité en eau.

Au Ghana, le barrage de Bui constitue l’un des exemples les plus évidents d’intégration hydro-solaire déjà en cours en Afrique. La Bui Power Authority (BPA) a développé une centrale solaire flottante de 5 MWc sur le réservoir de Bui – la première du genre en Afrique de l’Ouest – raccordée au réseau national via le poste de commutation existant du barrage. S’appuyant sur cette base, la BPA étend le système hybride avec une capacité solaire flottante supplémentaire et un stockage par batterie afin d’améliorer la flexibilité et de gérer l’intermittence.

« À travers l’initiative Power Africa Today lors de l’AEW 2026, nous mettons en avant les technologies et les modèles d’investissement qui peuvent aider l’Afrique à construire des systèmes énergétiques plus fiables et plus résilients », déclare NJ Ayuk, président exécutif de la Chambre africaine de l'énergie. « L’association de l’énergie solaire flottante et de l’hydroélectricité montre comment le continent peut tirer le meilleur parti des infrastructures existantes tout en développant de nouvelles capacités renouvelables.

Ce modèle gagne également du terrain au Mozambique, où le barrage de Cahora Bassa est en passe de devenir un exemple phare de l’intégration hydro-solaire en Afrique. La Banque africaine de développement a approuvé un financement de 150 millions de dollars pour un projet de centrale solaire flottante sur le réservoir, soutenant ainsi le développement de capacités renouvelables supplémentaires aux côtés de l’un des plus grands sites hydroélectriques d’Afrique australe. Dirigé par Electricidade de Moçambique, ce projet devrait compléter la production hydroélectrique existante, diversifier le mix électrique du Mozambique et renforcer la résilience face aux fluctuations de la disponibilité en eau liées au climat. En tirant parti des infrastructures hydroélectriques existantes et des raccordements au réseau, ce projet démontre comment les systèmes hybrides renouvelables peuvent maximiser la valeur des actifs énergétiques en place.

L’intérêt de cet investissement va au-delà de la simple capacité de production supplémentaire. L’association de l’énergie solaire flottante et de l’hydroélectricité peut contribuer à diversifier les portefeuilles d’énergies renouvelables, à optimiser les actifs du réseau existants et à améliorer la résilience face aux changements climatiques affectant la production hydroélectrique. Alors que les sécheresses et l’évolution des régimes pluviométriques exercent une pression sur les ressources hydroélectriques traditionnelles, les systèmes hybrides offrent une solution pour maintenir la production tout en développant la capacité d’énergie propre.

La session « Power Africa Today » de l’AEW 2026 examinera le potentiel commercial des projets hybrides hydro-solaires, les structures de financement nécessaires pour accélérer leur déploiement et les enseignements tirés des premiers projets menés au Zimbabwe, au Ghana et au Mozambique. Les discussions porteront sur la question de savoir si le solaire flottant peut passer d’une technologie de niche à une solution courante pour répondre aux besoins de développement énergétique de l’Afrique.

 

 

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