14 Jul 2026

Pourquoi les réseaux de transport privés constituent le prochain grand enjeu énergétique en Afrique

Pourquoi les réseaux de transport privés constituent le prochain grand enjeu énergétique en Afrique

Le secteur africain du transport d’électricité entre dans une période de transformation sans précédent, alors que les gouvernements s’engagent dans des réformes de marché, l’investissement privé et la modernisation numérique pour remédier aux contraintes chroniques du réseau. Alors que le continent dispose de certaines des plus grandes ressources solaires, éoliennes et hydroélectriques au monde, des décennies de sous-investissement dans les infrastructures de transport d’électricité ont créé des goulots d’étranglement qui continuent de limiter la croissance de la production et l’accès à l’électricité.

Dans ce contexte, la conférence « Power Africa Today » de l’African Energy Week, qui se tiendra du 12 au 16 octobre, accueillera une session dédiée intitulée « Privatisation du transport d’électricité et numérisation des réseaux électriques africains ». Cette session examinera comment les nouveaux cadres réglementaires, les modèles de financement innovants et les technologies de réseau de pointe sont en train de redéfinir les réseaux électriques à travers le continent.

Des modèles compétitifs redéfinissent le développement des réseaux

L’extension des réseaux de transport est devenue une priorité stratégique alors que les services publics cherchent à exploiter de nouvelles capacités de production. À elle seule, l’Afrique du Sud prévoit d’ajouter environ 14 000 km d’infrastructures de transport et d’augmenter la capacité de ses transformateurs au cours de la prochaine décennie. Le pays s’est également imposé comme un cas d’école continental en matière de réforme du transport d’électricité, en rendant opérationnelle la National Transmission Company South Africa en tant qu’entité indépendante et en faisant avancer son premier programme de projets de transport indépendants. Sept consortiums internationaux ont déjà été présélectionnés pour concourir à la première phase, qui comprend plus de 1 000 km de nouvelles lignes de transport de 400 kV.

Cette session examinera comment des réformes similaires sont mises en œuvre sur les différents marchés africains. Les cadres d’accès ouvert, la dissociation des activités des services publics et l’intégration au sein de pools énergétiques régionaux créent de nouvelles opportunités pour la participation des capitaux privés tout en améliorant les échanges transfrontaliers d’électricité. Des plateformes régionales telles que le Southern African Power Pool, le West African Power Pool et l’East African Power Pool harmonisent leurs structures réglementaires afin de favoriser une plus grande liquidité du marché et une meilleure connectivité des réseaux.

Combler le déficit d’investissement de 40 milliards de dollars

Selon les estimations du secteur, l’Afrique a besoin de plus de 40 milliards de dollars d’investissements dans le transport d’électricité pour répondre à la demande croissante en électricité et soutenir le déploiement des énergies renouvelables. Pour combler ce déficit, les gouvernements et les institutions de financement du développement mettent en place des structures de financement mixte, des mécanismes de garantie de crédit, des obligations liées au développement durable et d’autres instruments de réduction des risques destinés à attirer les investisseurs institutionnels.

L’obligation liée au développement durable de 24,8 millions de dollars émise par la Banque de développement du Rwanda a suscité une forte demande de la part des investisseurs, clôturant avec une sursouscription de 112,5 % après avoir bénéficié d’une structure de garantie de 10 millions de dollars soutenue par l’Association internationale de développement (IDA) de la Banque mondiale. Parallèlement, le PPP pionnier d’Africa50 dans le domaine du transport d’électricité au Kenya repose sur un modèle de concession « construire-posséder-exploiter-transférer » (BOT) d’une durée de 30 ans, dans lequel les risques liés au développement sont pris en charge dès le départ et les rendements des investisseurs sont liés à la disponibilité du réseau.

Tournement vers l’IA et les réseaux intelligents

Au-delà du financement des infrastructures, la session évaluera le rôle des technologies numériques dans la modernisation de l’exploitation des réseaux. Les services publics ont commencé à déployer des capteurs IoT, des infrastructures de comptage avancées, des postes de transformation numériques et des systèmes de surveillance basés sur l’IA afin de réduire les pertes techniques et d’améliorer la fiabilité du réseau. Des technologies telles que la tarification dynamique des lignes, les systèmes de stockage d’énergie par batterie et les centrales électriques virtuelles aident également les réseaux à s’adapter aux volumes croissants d’énergies renouvelables variables.

La sous-station de Sekelduin en Namibie, d’un coût de 394 millions de dollars namibiens, mise en service par NamPower en 2026, est la première sous-station entièrement numérique d’Afrique. Grâce à la technologie de bus de processus par fibre optique, cette installation permet une surveillance en temps réel, une détection plus rapide des défauts et constitue une base numérique pour la future gestion du réseau pilotée par l’IA.

« Le transport d’électricité est devenu l’une des opportunités d’investissement les plus importantes du secteur énergétique africain. Si nous voulons raccorder de nouveaux projets d’énergies renouvelables, renforcer la sécurité énergétique et élargir l’accès à une électricité fiable, nous devons construire des réseaux modernes capables d’attirer les capitaux privés et de tirer parti des technologies numériques », déclare NJ Ayuk, président exécutif de l’African Energy Chamber.

Alors que l’Afrique accélère le développement des énergies renouvelables et l’intégration des marchés régionaux, les réseaux de transport deviennent le maillon essentiel entre les nouvelles capacités de production et les utilisateurs finaux. La conférence « Power Africa Today » réunira des décideurs politiques, des services publics, des investisseurs, des fournisseurs de technologies et des développeurs afin d’examiner comment la réforme du transport d’électricité et la numérisation peuvent contribuer à un secteur électrique africain plus résilient, plus efficace et mieux interconnecté.

 

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